Entretien Françoise Soulié-Fogelman, conseillère scientifique Hub France IA et co-présidente du groupe de travail « Innovation et Commercialisation » au GPAI.

« Les experts partagent bien souvent les mêmes problèmes mais des solutions différentes »

Quelle a été la mission attribuée à votre groupe de travail ?

Le groupe de travail Innovation et Commercialisation (Innovation and Commercialization Working Group) a pour mission d’étudier et de recommander des outils et des méthodes pratiques permettant aux acteurs privés et aux organismes de recherche de stimuler la collaboration internationale en matière de R&D et d’innovation dans le domaine de l’IA. L’objectif est aussi de transformer les résultats de la recherche en produits et en processus, et de transférer ces résultats à l’industrie en vue de leur commercialisation, avec un focus particulier sur les PME. Notre groupe de travail réunit 35 experts et 12 observateurs en provenance de 20 pays différents, ce qui constitue une véritable richesse : les experts partagent bien souvent les mêmes problèmes mais apportent des opinions et des solutions différentes quant à la manière de les gérer. Le débat n’en est que plus riche !

Quels sont les projets sur lesquels vous avez travaillé cette année ?

En 2021, notre groupe de travail s’est focalisé sur deux projets : l’adoption généralisée de l’IA par les PME (« Broad Adoption of AI by SMEs ») et la protection de l’innovation et de la propriété intellectuelle IA (« Protecting AI innovation and Intellectual Property (IP) »). Dans le cadre du premier projet, l’idée sous-jacente est que les PME peuvent obtenir un véritable avantage grâce à l’utilisation de l’IA si elles parviennent à surmonter les obstacles vers l’adoption de cette technologie. Le projet vise notamment à montrer aux PME, qui n’ont aucune connaissance préalable de l’IA, comment elles peuvent utiliser cette technologie comme outil pour améliorer leurs activités. Le projet sur la protection de l’innovation consiste à aider les startups créatrices de produits ou services IA ou les PME utilisatrices de l’intelligence artificielle, et qui ont des ressources limitées dans leurs fonctions juridiques, à comprendre les caractéristiques les plus importantes de la protection de l’innovation impliquant de l’intelligence artificielle.

Quelles sont les grandes lignes de ce deuxième projet ?

À la différence des grands groupes, les startups de l’IA n’ont pas les ressources nécessaires pour s’entourer des services d’équipes juridiques dédiées et expertes en matière d’intelligence artificielle. Grâce à la contribution d’un certain nombre d’observateurs, nous avons donc créé un guide d’utilisation, sous le nom de IP Primer, destiné à leur donner l’ensemble des informations de base en matière juridique en se fondant sur les pratiques dans un certain nombre de juridictions. Afin de tester l’adéquation du contenu de ce guide avec les attentes, nous l’avons envoyé avec un questionnaire à une sélection de sept jeunes pousses de l’IA disséminées autour du monde pour obtenir leurs retours. La révision de la première édition d’IP Primer prendra en compte les différents retours de ces entreprises, qui se sont avérés globalement très positifs. Dès l’an prochain, nous entamerons la rédaction d’IP Expert, un guide plus approfondi qui traitera des défis relatifs à la protection de l’innovation dans l’intelligence artificielle.

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